Jean d’Ormesson, de
son nom complet Jean Bruno Wladimir François-de-Paule Le Fèvre
d’Ormesson nait le 16 juin 1925 à Paris VIIe, est un
romancier et chroniqueur français..
Jean d'Ormesson est le fils d'André d'Ormesson, ambassadeur de
France. Par sa mère, née Marie Anisson du Perron, il descend des Le
Peletier, le conventionnel Louis-Michel Le Peletier de
Saint-Fargeau est son arrière arrière-grand-père. Il passe son
enfance au château de Saint-Fargeau, qui appartient à sa mère. Cet
épisode de sa vie est évoqué dans Au plaisir de Dieu. Il a
aussi passé une partie de sa jeunesse en Bavière (de 1925 à 1933),
en Roumanie et au Brésil.
Élevé par sa mère jusqu'à l'âge de 14 ans, il entre à 19 ans à
l'École normale supérieure. Licencié ès-lettres et histoire, il est
admis ensuite à l'agrégation de philosophie.
En 1950, il devient secrétaire général du Conseil international de
la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO, puis en devient
le président en septembre 1992.
Il est rédacteur en chef adjoint (1952-1971), membre du comité de
rédaction (depuis 1971) puis rédacteur en chef de la revue
Diogène (Sciences humaines). Il est plusieurs fois
conseiller dans des cabinets ministériels.
En 1970, il devient directeur du Figaro. Il rédige chaque
semaine un article dans le supplément du dimanche de ce quotidien
dont le rédacteur en chef est Louis Pauwels.
Les romans de Jean d'Ormesson échappent souvent aux conventions du
genre romanesque, en particulier à la construction d'une intrigue
autour de quelques personnages. De nombreuses digressions, un
défilé permanent d'anecdotes où se déploient l'humour et
l'érudition du normalien, quelques motifs récurrents, en font une
inlassable méditation sur le Temps, qui peut prendre parfois aussi
l'allure d'un traité de vie : La Gloire de l'Empire,
Dieu, sa vie, son œuvre, Histoire du Juif
errant, La Douane de mer, Presque rien sur
presque tout. La dimension autobiographique est toujours très
présente, en particulier dans Du côté de chez Jean, Au
revoir et merci, Le Rapport Gabriel, C'était
bien, livres à mi-chemin entre le récit et l'essai où
d'Ormesson parle de lui-même, non sans de fortes répétitions, se
dépeignant avec une vraie-fausse modestie face à toutes ces
embûches qui voudraient nous priver du simple bonheur
d'exister.
Dans ses derniers livres, il explore d'autres voies (Casimir
mène la grande vie), introduisant des personnages différents
(Voyez comme on danse) ou brisant l'icône d'un d'Ormesson
gai (Une fête en larmes).
Jean d'Ormesson a été élu à l'Académie française, le 18 octobre
1973, au fauteuil 12, succédant à Jules Romains, mort le 14 août
1972. Il sera le grand artisan de l'entrée sous la coupole de
Marguerite Yourcenar, la première femme admise dans l'illustre
compagnie en 1980. Il prononça son discours de réception.
Citations
* « Résistez. Résistez aux séductions
moutonnières de la médiocrité, à l'ignominie des retournements
intéressés, aux murmures de la lâcheté qui ne recule devant
l'effort que pour se trouver tout à coup, mais trop tard, acculée à
la tragédie. Résistez. Résistez. Gardez par dessus tout l'amour de
la liberté et votre sens critique. Combattez par l'ironie des
indignations trop légitimes. Combattez par l'espérance un
pessimisme trop justifié. » 4 juillet 1981 dans une lettre ouverte
adressée à François Mitterrand et publiée dans le Figaro
Magazine.
* « J'ai toujours défendu l'idée qu'il n'y a pas
de devoir de culture et que la littérature est d'abord un plaisir.
Un plaisir très haut et qui exige souvent des efforts. Mais enfin,
un plaisir. » Le Figaro, 2007.
* « Sortez vos mouchoirs : il va y avoir des
larmes. Âmes sensibles s'abstenir : le sang va couler à flot sous
les coups de machette. » (Jean d'Ormesson évoquait le génocide des
Tutsi du Rwanda)
* « Partout, dans les villes, dans les villages,
dans les collines, dans la forêt et dans les vallées, le long des
rives ravissantes du lac Kivu, le sang a coulé à flots - et coule
sans doute encore. Ce sont des massacres grandioses dans des
paysages sublimes. » (Jean d'Ormesson évoquait le génocide des
Tutsi du Rwanda)
* « La médiocrité est portée aux nues. Les
navets sont célébrés comme des chefs-d'œuvre. Ce qui sera
oublié dans trois ans est l'objet d'un tintamarre qui finit par
rendre insignifiant pêle-mêle le meilleur et le pire. Les
œuvres dignes de ce nom ne manquent pas autour de nous. Elles
sont emportées dans les flots de la nullité acclamée. »
(Qu’ai-je donc fait aux Éditions Robert Laffont,
2008)
* « Je n'écris, pour ma part, ni un roman ni des
Mémoires. J'essaie de comprendre le peu que j'ai fait et comment
tout cela s'est emmanché. Je n'écris pas pour passer le temps ni
pour donner des leçons. Je n'écris pas pour faire le malin ni pour
ouvrir, comme ils disent, des voies nouvelles à la littérature.
Pouah ! Je n'écris pas pour faire joli ni pour défendre quoi que ce
soit. J'écris pour y voir un peu plus clair et pour ne pas mourir
de honte sous les sables de l'oubli. » (Qu’ai-je donc
fait aux Éditions Robert Laffont, 2008)
Bibliographie très sélective.
* L'Amour est un plaisir (1956)
* Du côté de chez Jean (1959)
* La Gloire de l'Empire (1971), (Grand
Prix du Roman de l'Académie française).
* Au plaisir de Dieu (1974)
* Dieu, sa vie, son œuvre
(1981)
* Jean qui grogne et Jean qui rit
(1984)
* Le Vent du soir (1985)
* Garçon de quoi écrire (avec François
Sureau, 1989)
* Histoire du juif errant (1991)
* Tant que vous penserez à moi
(entretien avec Emmanuel Berl, 1992)
* Presque rien sur presque tout
(1995)
* Une autre histoire de la littérature
française (tome I, 1997 et tome II, 1998)
* Le Rapport Gabriel (1999)
* Une fête en larmes (2005)
* La Création du monde (2006)
* Odeur du temps (2007), Editions
Héloïse d'Ormesson
* Qu'ai-je donc fait (2008), Éditions
Robert Laffont